Aller au contenu principal
OCObjectifCertif
HomophonesTravaillé au niveau B1Accès libre

si, s’y ou ci : trois mots, trois fonctions

« si » exprime la condition ou l'intensité, « s'y » combine deux pronoms, « ci » désigne la proximité. Comment les distinguer à coup sûr.

En un coup d’œil

FormeNatureComment la reconnaître
siConjonction de condition, ou adverbe d’intensitéRemplaçable par à condition que ou par tellement
s’yPronom réfléchi se + pronom yDevient m’y à la 1ʳᵉ personne
ciAdverbe de lieu, toujours lié à un autre motAttaché par un trait d’union ou à *celui*, *celle*

L’astuce : Passez à « je » : si « s’y » devient « m’y », c’est bien « s’y ». « ci » ne vit jamais seul.

Contrairement aux autres homophones de cette série, ces trois formes n’appartiennent pas aux mêmes catégories : l’une est une conjonction, l’autre un assemblage de pronoms, la troisième un adverbe soudé. Les reconnaître demande de savoir ce que chacune fait.

« si » : condition ou intensité

si a deux emplois principaux, tous deux très fréquents.

Conjonction de condition. Elle introduit une hypothèse.

Si vous venez, prévenez-moi. Je ne sais pas **s’**il acceptera. **S’**il pleut, nous resterons.

Notez l’élision devant il et ils : s’il, s’ils — mais jamais devant elle : si elle.

Point de grammaire décisif, souvent fauté : après si de condition, jamais de conditionnel. On écrit si j’avais le temps et non si j’aurais le temps. La règle tient en trois combinaisons : si + présent → futur (si tu viens, je serai là), si + imparfait → conditionnel présent (si tu venais, je serais là), si + plus-que-parfait → conditionnel passé (si tu étais venu, j’aurais été là).

Adverbe d’intensité. Il équivaut à tellement.

C’est si simple. Elle est si gentille. Je ne pensais pas que ce serait si long.

Deux autres emplois plus rares : la réponse affirmative à une question négative (« Tu ne viens pas ? — Si ! ») et le nom de la note de musique.

« s’y » : deux pronoms assemblés

s'y est la contraction du pronom réfléchi se et du pronom y. Il y a donc toujours un verbe pronominal derrière, et y renvoie à un lieu ou à une chose.

Il s’y rend chaque matin. (il se rend à cet endroit) Elle s’y connaît en informatique. Ils s’y habituent. Personne ne s’y attendait.

Comme tout pronom réfléchi, il suit la personne du sujet : il s’y rendje m’y rends, tu t’y rends, nous nous y rendons. C’est le test.

« ci » : jamais seul

ci est un adverbe de lieu qui n’existe jamais de façon autonome. Il est toujours rattaché à un autre mot, de deux manières.

Avec un trait d’union, dans des locutions figées : ci-dessus, ci-dessous, ci-contre, ci-joint, ci-après, ci-inclus, de-ci de-là.

Veuillez trouver ci-joint le document. Voir le tableau ci-dessus.

Après un démonstratif, pour marquer la proximité : celui-ci, celle-ci, ceux-ci, ce livre-ci. Il s’oppose alors à : celui-ci (près) / celui-là (loin).

Si vous êtes tenté d’écrire ci isolément, c’est presque toujours une erreur pour si.

Le tableau de décision

Ce que vous voulez dire Forme
À condition que… si
Tellement, à ce point si
Le sujet agit sur lui-même, à propos d’un lieu ou d’une chose s'y
Proche, rattaché à celui, celle, ou par trait d’union ci

Les pièges

« s’y » ou « si » devant un verbe. Il s’y met (il commence) contre s’il se met (si jamais il se met). Le test de je tranche : je m’y mets ✓ → s'y.

« ci-joint » s’accorde-t-il ? Placé avant le nom, il reste invariable : ci-joint les pièces. Placé après, il s’accorde : les pièces ci-jointes. L’usage administratif tolère l’invariabilité dans les deux cas.

« aussi » à la place de « si ». À la forme négative, l’adverbe d’intensité devient souvent aussi : ce n’est pas aussi simple plutôt que si simple.

Ce qu’il faut retenir

ci ne vit jamais seul — c’est le repère le plus économique. Entre si et s'y, le passage à la première personne décide : si m’y fonctionne, c’est s'y. Le même test que pour se ou ce.